Entrez, vous êtes les bienvenus.

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Parler me semble ridicule
Je m'élance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait l'instant fragile
D'une rencontre
D'une rencontre

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je l'appellerai sans la nommer
Je suis peut-être démodé
Le vent d'hiver souffle en avril
J'aime le silence immobile
D'une rencontre
D'une rencontre
Entrez, vous êtes les bienvenus.

# Posté le samedi 22 décembre 2007 10:21

Modifié le mardi 29 avril 2008 15:28

Quand c'est l'amour qu'on aime aimer

Ce que ça peut faire mal ...
Et pourtant j'échangerais ça pour rien au monde ...

J'aime ...

aimer, regarder les étoiles quand je promène le chien le soir, jouer, mater le prof de math tondre sa pelouse, rire, respirer à plein poumon quand il vient de pleuvoir, commencer, m'imaginer qu'il vient sonner à ma porte, manger, lire les folies d'Umberto Eco, nager, m'allonger sur mon bain de soleil et écouter les abeilles qui bourdonnent dans l'arbuste juste à côté, rêver, penser à ce que je serais dans cinq ans, dix ans, vingt ans, caresser, écrire l'histoire impossible d'un amour impossible qui finit bien, relire, penser à lui que je connais si peu mais que j'aime tant, ouvrir les yeux pour me rendre compte que j'ai la vie devant moi, me coucher dans l'herbe, soupirer, respirer l'odeur de sciure de bois de la litière du lapin, regarder, me laisser glisser dans un nouveau rêve ...

vivre, tout simplement ...

# Posté le mardi 15 janvier 2008 13:42

Modifié le vendredi 24 juillet 2009 10:13

Ecrire ...

Parce que ma douleur, mes amours, mes bonheurs se diluent tous dans l'encre de ma plume ...
Ecrire c'est plus qu'un besoin, plus qu'un instinct, aucun mot ne peut décrire ce que je ressens quand la feuille se couvre de caractères bleus ...

Quand je
plisse les yeux en les regardant ils deviennent hiéroglyphes, de simples tâches sans significations ... et pourtant ils contiennent une vie.

Ecrire
c'est voler, écrire c'est passer dans le monde des possibles ...

C
eux qui entrent dans mes histoires deviennent si familiers que quand je les revois en chair et en os, j'ai envie de les prendre dans mes bras ... heureusement que la frontière du réel est encore assez étanche pour me retenir !

"L'écrivain
est le magicien des mots" Je crois surtout que le magicien est complétement envoûté par sa propre magie. Aucun mérite, les mots traduisent tous seuls les images que mon esprit fiévreux fait se succéder sur un grand écran blanc, pendu derrière mes yeux. Pas besoin de les fermer, le film de mon imagination est clair même sans obscurité.

Je n'écris pas pour les autres. D'ailleurs j'ai du mal à imaginer qu'on puisse écrire pour autre que soi. Moi en tout cas, j'écris pour vivre tout ce que je ne suis pas autorisée à vivre dans la triste réalité d'un monde terriblement limité parce qu'il ne pourrait exister sans clôture ...

Les hommes sont des loups. Dans mes lignes, je les apprivoise, ils m'écoutent, sages. Et si parfois leurs babines dégoulinent de sang, c'est parce que mon coeur saigne ...

Ecrire fait parti de moi. C'est banal à dire, mais souvent le plus banal est le plus vrai. Triste de se rendre compte que depuis les siécles que l'homme vit, souffre, crie de joie ou de haine, et écrit tout cela, le plus beau a forcément été déjà dit.

Co
mme a chanté un auteur compositeur interpréte de génie :
"Aux
notes, aux solos que je n'ai pas inventés
Tou
s ces mots que d'autres ont fait rimer qui me tuent
Comme
autant d'enfants jamais portés"

Toutes ces phrases que je lis, dont je m'abreuve sans cesse, parce que lire m'est aussi necessair qu'écrire, me font toutes un peu mal. Regret lancinant de n'avoir pa été la première à les penser et à les coucher sur papier. Jalousie traîtresse du génie que je n'ai pas. C'est amer et sucré à la fois, parce que ce n'est pas une jalousie qui détruit, mais une jalousie qui pousse. Admiration et envie font un coktail eplosif qui, mélangé à l'encre déjà cité, fait courir ma plume sur le papier, ou mes doigts sur le clavier ...

Et bi
en voilà, je voulais vous parler un peu de ce qui va constituer peut-être ma seule passion. Pour peu que mon coeur papillon ne trouve pas la fleur assez solide pour y poser ses ailes allourdies de rêves ...
B
ravo à ceux qui ont eu le courage et la volonté de lire ce pavé !! Quand je commence on ne m'arrête plus ! Et on ose me demander pourquoi j'ai préféré la L à la S ? Haha ... Maintenant c'est compris je pense ?

# Posté le lundi 05 mai 2008 14:07

Le droit d'aimer

Extrait de la nouvelle qu'il m'a pris l'envie d'écrire. Sorte d'hommage à cet amour impossible que j'aimais à imaginer en regardant sa fenêtre allumée le soir. Etrangement les sentiments que je ressentais pour lui sont agonisants ... deviendrais-je raisonnable ? Ou un autre a-t-il déjà pris sa place ??? Va savoir ...


Pour info : ceci n'est pas le début de la nouvelle. Il y a un paragraphe avant celui-ci. Mais je ne voulais pas tout dévoiler maintenant !!!



« Oh Dieu qu'il est beau » pensa-t-elle, et elle ressentit cette douleur délicieuse au creux de la poitrine. Encore une heure de passée. Elle les comptait scrupuleusement. Il n'en restait déjà que 22. 22 heures ! Même pas la durée d'un jour. Moins d'une journée, et elle ne le reverrait jamais ... Elle secoua la tête, répondant à son sourire. « N'y pense pas, profite, pour l'instant il est là ... » Une camarade la bouscula légèrement en enfilant son manteau. « Excuse ... Alors, t'a réussi le DS ? » Elle se tourna pour lui répondre, presque soulagée de ne plus le regarder. Pendant que la conversation traînait sur les différentes difficultés du devoir qu'ils venaient d'effectuer, elle finit de ranger ses affaires. Puis elle sortit, sans lui dire au revoir. Elle ne disait jamais au revoir en quittant une salle de classe. Avec les autres, c'était par désintérêt, et parce qu'elle pensait que si elle était à la place du prof elle n'aimerait pas devoir rendre leurs saluts à 32 élèves à la suite. Mais avec lui ... elle y avait déjà réfléchi, longuement. Et bien qu'elle ne cru pas à cette psychologie de cantine si à la mode en ce moment, elle avait trouvé une sorte de raison inconsciente à ce manque de politesse. En fait, même deux raisons : d'abord, parce qu'il lui répugnait de le quitter, et que prononcer ces deux simples mots serait rendre la séparation plus réelle. Et ensuite parce qu'elle souhaitait qu'il la remarque. Simple question de bon sens, la meilleure façon de se faire remarquer était de ne pas faire comme tout le monde. Or tout le monde (ce tout le monde consistant en 6 élèves puisqu'ils n'étaient que 7 ovnis à avoir choisi la spécialité maths pour leur bac littéraire) disait au revoir. Sauf elle. Et elle était sure qu'il l'avait noté. « Ah, moi qui suis si discrète, il serait étonné de savoir combien au fond je suis tordue ! »


Et voilà, elle était sortie, sans dire au revoir, comme d'habitude ... Drôle d'habitude à vrai dire. Et il était encore plus étrange qu'il l'ait remarqué. « Y'a pas dire, t'es vraiment accro ... » Le soleil entrait par les larges fenêtres qui constituait tout le mur gauche de la salle de classe. Il offrit son visage fatigué aux rayons chauds. A travers ses paupières clauses la lumière bienfaitrice pénétrait dans son esprit, annihilant tout.
Dehors, elle passa devant la fenêtre et sourit en le voyant ainsi. La seule et même pensée s'imposa alors à leurs deux esprits :

« Au secours, je l'aime ... »


Voilà. C'est neu-neu à souhait non ? Qu'est-ce que vous voulez, j'ai la plume romantique ...

# Posté le mardi 06 mai 2008 08:24

Le droit d'aimer, chapter 2

Juste une parenthèse avant de vous mettre la suite (puisqu'elle est si demandée !!^^) : merci de me prendre comme je suis, et de comprendre. Vos coms m'ont mis de bonne humeur tiens, c'est pourquoi je vais vous mettre le chapitre entier, qui n'est pas long vu que c'est une nouvelle. Bonne lecture !!!

Chapitre 2 : 18



La tête appuyée sur sa main, elle regardait d'un ½il vague la prof de philo gesticuler devant le tableau. Son esprit vagabondait dans d'autres sphères. Oh elle n'avait pas besoin d'aller bien loin pour s'évader ... Pas de paysages magnifiques, de jardins splendides ... Pas non plus de boutiques à la mode, ou de loges de célébrités ... Non, pour rêver elle n'avait qu'à sortir de la salle de philo, descendre deux escaliers, prendre à droite, longer le couloir pour entrer dans la dernière salle, et aller s'asseoir au fond de la classe. Et là ... l'écouter parler, le regarder. S'emplir de lui, se saouler de lui, jusqu'à avoir l'impression qu'il n'y avait que lui, qu'il n'y avait jamais eu que lui, et qu'il n'y aurait jamais que lui. Passer le restant de sa vie à plonger ses yeux dans les siens, à attendre qu'il lui offre un mot, un sourire, qu'il prononce son prénom ... Il ne lui en fallait pas plus pour être heureuse. Elle s'était toujours contentée de peu, c'était sa grande force. Elle s'en était rendue compte depuis longtemps, mais aujourd'hui cela prenait toute sa signification. En effet, comment aurait elle pu supporter cet amour impossible si un seul regard n'aurait suffit à la satisfaire ? Enfin satisfaire ...
« Eh, tu rêve ? » lui demanda sa voisine avec un sourire.
« Je sais de qui tu rêve ... » Le sourire s'accentua. Elle y répondit avec un clin d'½il.
« Alors, comment va notre beau prof de math ?
- Très bien merci. Il te souhaite le bonjour.
- Et je suis conviée au mariage j'espère ?
- Mais oui bien sûr, dés qu'il aura divorcé, on t'invite à venir nous aider pour fleurir l'église.
- Mesdemoiselles, serait-ce possible d'avoir un peu de votre attention, ou est-ce trop demander ? » Les deux jeunes filles baissèrent les yeux en reprenant leur stylo d'un même geste. Deux minutes plus tard la conversation reprenait, un ton plus bas.
« Sérieusement, tu aimerais qu'il la quitte pour toi ? » Sérieusement ... quel sérieux espérait-elle obtenir ? Pouvait-elle réellement lui répondre ce qu'elle ressentait? Pouvait-elle lui dire que la bête qui sommeillait au fond d'elle, égoïste et passionnée, criait oui de toutes ses forces ?
« Bien sûr que non. Je ne suis pas une briseuse de ménage. De toute façon, la question est réglée d'avance, puisqu'il ne m'aime pas ... »


« Je l'aime. » L'une des phrases les plus courtes qu'on puisse formuler pris une ampleur énorme par le silence qui la suivit. Sous la table sa jambe tremblait nerveusement, tandis que ses mains restaient bien sagement croisées sur la surface de bois. Son collègue cligna plusieurs fois des yeux. Il s'attendait presque à voir sa bouche s'ouvrir en grand, comme dans les mauvaises séries télévisées ou les dessins animés. Mais l'autre se contenta de renifler en rejetant sa tête en arrière, avant de balbutier :
« Toi, tu... tu ... es amoureux d'une ... élève ? » Le « toi » lui fit froncer les sourcils.
« C'est si incroyable ?
- Mais tu es si distant ... s'enflamma l'autre. Tu les regarde toujours comme des outils de travail ... Je n'ai jamais vu quelqu'un qui réussissait à être normal et sympa en cours, et qui pourtant ne s'attachait jamais à ses élèves. » C'était vrai. Il ne s'était jamais attaché. Dés sa première année, il avait creusé ce fossé entre lui et les jeunes. Quand on sait qu'on ne les côtoiera qu'un an, et qu'après on ne les reverra jamais, mieux vaut ne pas s'attacher. Des « outils de travail » ? Est-ce qu'il ne les voyait réellement que comme ça ? Oui. Mais pas cette fois.
« Pas cette fois. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais elle ... » Oh bon sang mais quel était le problème ? Qu'avait-elle ? Qu'avait-il ? Avait-il tant vieilli qu'il n'arrivait plus à rester à sa place, là-haut, loin de tous ces gamins ?
« Et ta femme ?
- Quoi ? Je l'aime bien sûr. Tu sais combien ... De toute évidence les amours marchent comme toute quantité : 1+1=2. » Cette analyse mathématique fit sourire le prof d'anglais qui lui faisait face.
« Bien, alors il n'y a pas de problème. Tu n'as plus qu'à attendre qu'elle passe son bac. Out of sight, out of mind." Devant son regard interrogateur, il traduisit :
“ Loin des yeux, loin du coeur. Tu n'as plus qu'à attendre que cet amour s'annule de lui-même. 2-1=1 non ? Et alors, plus de problème. » Il esquissa un sourire pour toute réponse. Mais dans sa tête une petite voix murmurait « pas si sûr. »
« Bon, merci de m'avoir écouté. On en reparle plus tard, j'ai un cours et je suis déjà en retard.
- Quand tu veux. Et ne t'inquiète pas, ça ne sortira pas d'ici. » Il embrassa la salle des profs du regard. Ce n'était pas vraiment l'endroit le plus indiqué pour que sa confession y demeure.
« A la réflexion je préférais que ça sorte en même temps que toi ... » L'autre éclata de rire.
« T'inquiète va ... Cette salle en a entendu d'autres ... Les murs sont devenus sourds et muets depuis un bon moment ! » Il reprit son sérieux, les yeux toujours malicieux. « Mais j'ai compris. Personne n'en saura rien. » Ils se serrèrent la main et il sortit. La sonnerie avait retentit depuis quinze minutes, il n'y avait plus personne dans les couloirs. Il monta l'escalier sans se presser, tourna à droite et longea le couloir jusqu'à la dernière salle. Elle attendait, appuyée contre le radiateur, entourée des autres, seule a afficher un sourire radieux. Apparemment son arrivée décevait six espoirs, mais, et ce fut cela qui accéléra les battements de son c½ur, elle en comblait un septième.

# Posté le jeudi 08 mai 2008 10:58

Modifié le jeudi 22 mai 2008 12:31